Cardinal Pizzaballa : Abuser du nom de Dieu pour faire la guerre est le plus grave des péchés
"L’abus et la manipulation du nom de Dieu pour justifier cette guerre ou toute autre guerre est le péché le plus grave que nous puissions commettre en ce moment", a déclaré le cardinal Pierbattista Pizzaballa lors d’un webinaire sur le conflit qui ravage le Moyen-Orient.
"La guerre", a-t-il poursuivi, "est avant tout politique et repose sur des intérêts très matériels, comme la plupart des guerres. Nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour ne laisser aucune place à ce langage pseudo-religieux, qui ne parle pas de Dieu, mais de nous-mêmes."
Le Patriarche latin de Jérusalem commentait les propos du secrétaire américain à la Défense qui, lors d’un briefing, a cité le Psaume 144 pour invoquer une bénédiction divine sur l’attaque américano-israélienne en cours contre l’Iran.
Lors de cette rencontre avec la Fondation Oasis Internationale, le cardinal Pizzaballa a déclaré que "en tant que croyants (…) nous devons dire qu’il n’y a pas de nouvelles croisades. Si Dieu est présent dans cette guerre, Il est parmi ceux qui meurent, qui souffrent, qui sont dans la douleur, qui sont opprimés de diverses manières, dans tout le Moyen-Orient."
"Je ne dis pas que ce conflit, d’un côté ou de l’autre, ait des connotations religieuses », a-t-il ajouté, « mais il y a des manipulations : ceux qui veulent y introduire la religion exploitent le nom de Dieu."
Le message chrétien
Commentant également l’appel lancé par le pape Léon XIV en faveur d’un cessez-le-feu et du dialogue, le Patriarche a reconnu qu’il pourrait ne pas être entendu, mais a souligné que l’Église doit continuer à parler de la réalité et à se rassembler pour investir dans l’avenir.
"Ce qui est construit sur la violence périt ; cela n’a pas d’avenir, mais cela crée aussi un vide autour de soi : la peur, le ressentiment, la haine - tout ce qui, dans le langage chrétien, appartient au monde de la mort", a-t-il déclaré.
Le rôle des médias
Lors de cette rencontre, le cardinal a également évoqué la responsabilité des médias dans la guerre, soulignant que la communication fait partie du conflit : "c’est un moyen de le faire connaître, mais aussi de le justifier ou de le rendre acceptable."
Ainsi, a-t-il ajouté, les journalistes ont la responsabilité d’aider les lecteurs à comprendre les informations, en proposant une interprétation juste, ou du moins en les aidant à développer un regard critique et à se forger leur propre jugement.
La situation à Gaza et en Cisjordanie
À ce sujet, il a déploré que la crise à Gaza et les violences en Cisjordanie ne soient plus au centre de l’attention, tout en rappelant que les situations humanitaires y demeurent dramatiques.
"Il n’y a plus un problème de faim, mais il y a encore 2 millions de personnes déplacées, privées de tout ; 80 % de la bande est toujours détruite et aucune reconstruction n’a commencé ; 36 hôpitaux fonctionnent partiellement, mais les médicaments manquent, même les antibiotiques de base. Les gens vivent littéralement dans les égouts ; les images ne peuvent pas transmettre les odeurs. Il est impossible de comprendre comment et quand cette situation dramatique sera résolue : le Conseil de paix n’a pas encore compris ce qu’il doit faire. Et de toute façon, c’est une sorte de cercle vicieux : si le Hamas ne remet pas ses armes, Israël ne se retirera pas ; le Hamas ne remettra pas ses armes tant qu’Israël ne se retirera pas. Tout reste bloqué", a dénoncé le cardinal Pizzaballa.
"Quant à la Cisjordanie", a-t-il ajouté, "la situation se détériore constamment : presque chaque jour, des attaques de colons visent des villages palestiniens. Il y a désormais près d’un millier de checkpoints ; les Palestiniens ont toujours du mal à se déplacer, et les permis ont été largement annulés."
Enfin, le Patriarche a exprimé son inquiétude quant aux conséquences de récentes mesures relatives au registre foncier et à la non-reconnaissance des diplômes universitaires palestiniens en Israël, récemment adoptées par le gouvernement israélien, qui entraîneront de nouvelles difficultés financières, des épreuves supplémentaires et un manque d’enseignants chrétiens dans les écoles.


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