Sœur Elizabeth Galmiche RIP

Le P. Piotr, vicaire de Saint-Jacques, qui n’a pas pu participer aux funérailles, a envoyé les paroles suivantes :
Je suis profondément désolé de ne pas pouvoir participer aux funérailles de notre très chère Elizabeth. Mes pensées et mes prières vous accompagnent tous, vous qui pleurez son départ, et même de loin, je me sens uni à vous dans la foi, l’affection et la gratitude pour sa vie parmi nous.
Je me souviens d’Elizabeth – comme, je pense, beaucoup d’entre vous – comme d’une disciple humble et silencieuse de Jésus, dont la foi n’était pas bruyante mais profonde, non pas démonstrative mais fidèle. Elle vivait sa condition de disciple d’une manière presque cachée, et pourtant sa présence était indéniable. Il y avait quelque chose de profondément réconfortant et rassurant simplement dans le fait de savoir qu’elle était là – discrète, attentive, observatrice, toujours prête à aider sans attirer l’attention sur elle.
Je l’ai rencontrée il y a des années à Beer Sheva, et dès la première rencontre il est apparu clairement que, sous son silence doux, se cachait une force intérieure remarquable. Bien qu’elle ne cherchât jamais à se faire remarquer, sa profondeur spirituelle ne pouvait passer inaperçue. Elle faisait partie de ces âmes rares dont l’humilité devient elle-même une lumière. Même si elle préférait rester en arrière-plan, elle illuminait chaque lieu où elle entrait et chaque personne qu’elle rencontrait.
Je ne l’ai jamais entendue se plaindre – ni des circonstances, ni des personnes, même dans des moments où beaucoup d’entre nous se seraient sentis en droit de le faire. Elle avait une manière d’accueillir la vie telle qu’elle venait, avec grâce, sérénité et une confiance qui semblait enracinée dans une amitié de toute une vie avec Dieu. De même, je ne l’ai jamais entendue dire du mal de qui que ce soit. Sa bonté n’était pas seulement de la politesse – c’était une manière authentique de voir le monde et les autres avec un regard de compassion.
Elizabeth semblait porter en elle un beau paradoxe : une femme forte et résiliente, et en même temps délicate, sensible et profondément douce. Elle possédait une sagesse discrète, née non pas du fait de beaucoup parler, mais d’une écoute profonde – des autres, du monde qui l’entourait, et de la voix de Dieu dans son cœur. Beaucoup parlent de la foi ; Elizabeth, elle, la vivait en silence, avec constance et simplicité, touchant bien plus de vies qu’elle ne l’a jamais su.
Son absence se fera certainement sentir. Le vide qu’elle laisse n’est ni bruyant ni spectaculaire – tout comme elle ne l’était pas – mais il est profondément réel et ressenti. Nous remarquerons son absence dans le silence, dans les petits gestes, dans cette présence douce qui n’est plus physiquement parmi nous. Pourtant, je crois que son esprit, son exemple et sa mémoire continueront de nous accompagner, aussi discrètement et fidèlement qu’elle l’a fait durant sa vie.
Elizabeth, tu me manqueras. Et je crois que tu reposes maintenant dans l’étreinte aimante de Celui que tu as suivi avec tant d’humilité et de dévotion. Que ta mémoire soit une bénédiction, et que ta vie continue de nous inspirer à marcher avec douceur, aimer en silence et servir fidèlement.
L’homélie du P. Beni a été prononcée en hébreu et en français.
Voici le texte original:
מְתַנְצֵּל שֶׁכָּתַבְתִּי אֶת הַדְּרָשָׁה שֶׁל הַיּוֹם, אֲבָל הַדְּבָרִים קָרוּ כָּל כָּךְ מַהֵר שֶׁאֲנִי עוֹד מַרְגִּישׁ עַל קַרְקַע לֹא מוּצָקָה.
Je m’excuse d’avoir écrit l’homélie d’aujourd’hui, mais les choses se sont déroulées si rapidement que je me sens encore sur un terrain instable.
כְּשֶׁשּׁוֹאֲלִים אוֹתָנוּ מָהוּ הַטֶּקְסְט מִן הַכְּתוּבִים הָאָהוּב עָלֵינוּ, אֲנִי תָּמִיד חוֹשֵׁב עַל שְׁאֵלָה כְּפוּלָה: הַאִם הוּא מְדַבֵּר אֵלֵינוּ כִּי הוּא דּוֹמֶה לָנוּ, לָאִישִׁיּוּת שֶׁלָּנוּ, לַטַּעַם שֶׁלָּנוּ; אוֹ שֶׁלְהֶפֶךְ הוּא דִּבֵּר אֵלֵינוּ קֹדֶם, בְּשָׁלָב מְסֻיָּם שֶׁל חַיֵּינוּ, וְהָפַךְ אוֹתָנוּ לִדְמוֹת לוֹ?
Quand on nous demande quel est le texte des Écritures que nous aimons le plus, je pense toujours à une question double : nous parle-t-il parce qu’il nous ressemble, à notre personnalité, à notre goût ; ou bien, au contraire, nous a-t-il parlé d’abord, à un moment précis de notre vie, et nous a rendus semblables à lui ?
אֶתְמוֹל הִתְקַשַּׁרְתִּי לָאַחָיוֹת לִשְׁאֹל אִם הֵן רוֹצוֹת לִבְחוֹר אֶת הַמִּקְרָאוֹת לְהַיּוֹם, וְקִבַּלְתִּי מֵהֶן רְשׁוּת לִבְחוֹר אוֹתָן אֲנִי. אָז יָשַׁבְתִּי וְחָשַׁבְתִּי עַל אֱלִיזָבֶת, וּמִיָּד צָפוּ לִי מִקְרָאוֹת מְסֻיָּמִים. הֲכַנְתִּי דַף יָפֶה בִּשְׁתֵּי שָׂפוֹת וְשָׁלַחְתִּי חֲזָרָה. רַק שֶׁבֵּינְתַיִם הִגִּיעַ מֵרוֹמָא מִכְתָּב שֶׁאֱלִיזָבֶת כָּתְבָה לִפְנֵי שֵׁשׁ שָׁנִים, וְשָׁם כָּתוּב מָה הִיא רָצְתָה שֶׁנִּקְרָא הַיּוֹם. אָז זָרַקְתִּי אֶת מַה שֶּׁהֲכַנְתִּי וְהֶעְתַּקְתִּי אֶת מַה שֶּׁהָרֶגַע שָׁמַעְנוּ.
Hier, j’ai appelé les sœurs pour leur demander si elles voulaient choisir les lectures d’aujourd’hui, et j’ai reçu la permission de les choisir moi-même. Alors je me suis assis et j’ai pensé à Élisabeth, et aussitôt certains passages me sont venus à l’esprit. J’ai préparé une belle feuille en deux langues et je l’ai renvoyée. Mais entre-temps est arrivée de Rome une lettre qu’Élisabeth avait écrite il y a six ans, où il était indiqué ce qu’elle voulait que nous lisions aujourd’hui. J’ai donc jeté ce que j’avais préparé et recopié ce que nous venons d’entendre.
שָׁמַעְנוּ הַכְרָזַת אֱמוּנָה: אֱמוּנָה בַּתְּחִיָּה, אֱמוּנָה בַּמָּשִׁיחַ, אֱמוּנָה בָּאַחְדוּת, אֱמוּנָה בְּאֵל אֶחָד אָבִי כֻלָּם, הַיּוֹשֵׁב בְּקִרְבֵּנוּ וּמֵעַל לַכֹּל, שֶׁלּוֹ רָאוּי הַשֶּׁבַח וְהַכָּבוֹד. זֶה הַמֶּסֶר הַסּוֹפִי שֶׁל אֲחוֹתֵנוּ אֱלִיזָבֶת, זוֹ הַמִּלָּה הַסּוֹפִית וְהָאוּלְטִימָטִיבִית שֶׁלָּהּ.
Nous avons entendu une proclamation de foi : foi en la résurrection, foi en le Messie, foi en l’unité, foi en un seul Dieu, Père de tous, qui demeure parmi nous et au-dessus de tout, à qui reviennent la louange et l’honneur. Tel est le message final de notre sœur Élisabeth, sa parole ultime et définitive.
הִיא רָצְתָה שֶׁנִּתְבּוֹנֵן בַּחֲלוֹמוֹ שֶׁל אֱלֹהִים, הַמַּזְמִין אֶת כָּל בָּנָיו וּבְנוֹתָיו לִסְעוֹד עַל אוֹתוֹ הַשֻּׁלְחָן, כָּאן בְּעִיר קָדְשׁוֹ, כֻלָּם יַחְדָּו.
Elle voulait que nous contemplions le rêve de Dieu, qui invite tous ses fils et ses filles à prendre place à la même table, ici dans sa ville sainte, tous ensemble.
עַתָּה אֲנַחְנוּ רוֹאִים אֵיךְ לְאַט לְאַט הוֹלֵךְ עִדָּן וְדוֹעֵךְ - עִדַּן הַחֲלוּצִים וְהַמְּיַסְּדִים שֶׁלָּנוּ. הִיא הָיְתָה בֵּין הָרִאשׁוֹנוֹת לְהַגִּיעַ לְיִשְׂרָאֵל בִּתְחִלַּת שְׁנוֹת הַחֲמִשִּׁים, וּמִיָּד לָמְדָה אֶת הַשָּׂפָה הָעֲרָבִית וְאֶת הַשָּׂפָה הָעִבְרִית. מֵאָז לֹא הִפְסִיקָה, עַד סוֹף חַיֶּיהָ, לִחְיוֹת כָּאן בַּעֲדִינוּת עַל קְצוֹת הָאֶצְבָּעוֹת, אֲבָל כְּבַת בַּיִת וְלֹא כְּאוֹרַחַת.
Nous voyons maintenant comment, peu à peu, une époque s’éteint - l’époque de nos pionniers et fondateurs. Elle fut parmi les premières à arriver en Israël au début des années 1950, et elle apprit aussitôt l’arabe et l’hébreu. Depuis lors, elle n’a cessé, jusqu’à la fin de sa vie, de vivre ici avec délicatesse, sur la pointe des pieds, mais en fille de la maison et non en invitée.
הִיא יָצְרָה קִשְׁרֵי חֲבֵרוּת אֲמִתִּית עִם הָעֲמִיתִים הַיְּהוּדִים, קָשְׁרָה אַחְוָה עִם חֲבֵרֶיהָ הַנּוֹצְרִים הָעֲרָבִים, וְקִשְׁרֵי שֵׁרוּת וּנְתִינָה לְכֻלָּם, לְלֹא שׁוּם הַבְדָּלָה. כָּךְ הִיא הֵבִינָה אֶת הַמּוֹרֶשֶׁת שֶׁל הָאָח שַׁרְל — הָרוּחָנִיּוּת שֶׁל עֶלְיוֹנוּת הַהֲוָיָה עַל הַפְּעִילָה. וְזוֹ הָרוּחָנִיּוּת הַמַּצְלִיחָה בְּיוֹתֵר, הַמַּתְאִימָה בְּיוֹתֵר וְהַנְּחוּצָה בְּיוֹתֵר בַּמְּצִיאוּת שֶׁלָּנוּ כְּנוֹצְרִים בַּחֶבְרָה הַיְּהוּדִית־יִשְׂרְאֵלִית.
Elle a créé de véritables liens d’amitié avec ses collègues juifs, tissé une fraternité avec ses amis chrétiens arabes, et des liens de service et de don avec tous, sans aucune distinction. C’est ainsi qu’elle comprenait l’héritage du frère Charles - la spiritualité de la primauté de l’être sur l’action. Et c’est la spiritualité la plus féconde, la plus adaptée et la plus nécessaire dans notre réalité de chrétiens au sein de la société juive israélienne.
רוּחָנִיּוּת שֶׁל נוֹכְחוּת, קַבָּלָה, עֲנָוָה, צְנִיעוּת קְטַנָּה, שֶׁל עֲשִׂיָּה שְׁקֵטָה וְשֶׁל יְדִידוּת אֲמִתִּית.
Une spiritualité de présence, d’accueil, d’humilité, de modestie discrète, d’action silencieuse et d’amitié véritable.
זֶה מָה שֶׁעִצֵּב עֲמֻקּוֹת אֶת הַקְּהִלּוֹת הַקְּטַנּוֹת שֶׁלָּנוּ, וְזֶה מָה שֶׁאֲנַחְנוּ מְבַקְּשִׁים לְהַמְשִׁיךְ.
C’est cela qui a profondément façonné nos petites communautés, et c’est cela que nous voulons continuer.
הַלְוַאי וְנוּכַל לְקַבֵּל עוֹד אֲחָיוֹת עִם לֵב יוֹצֵא אֶל הַחֶבְרָה הַיִּשְׂרְאֵלִית הַפְּצוּעָה וְהַזְּקוּקָה לְרִפּוּי...
Puisse-t-il nous être donné d’accueillir encore des sœurs au cœur ouvert vers la société israélienne blessée et en quête de guérison…
אַךְ אָנוּ יוֹדְעִים הֵיטֵב אֶת הַקְּשָׁיִים שֶׁהַמִּסְדָּר פּוֹגֵשׁ בְּבָסִיס יוֹמִי: סְגִירַת אַחֲווֹת בְּעִקְבוֹת מַחְסוֹר בִּקְרִיאוֹת, וְגִיל מְמֻצָּע הוֹלֵךְ וְגוֹבֵהַ...
Mais nous connaissons bien les difficultés que la congrégation affronte au quotidien : la fermeture de fraternités faute de vocations, et un âge moyen qui ne cesse d’augmenter…
אָז לֹא נִשְׁאַר לָנוּ אֶלָּא לִפְנוֹת אֵלַיִךְ, אֱלִיזָבֶת, וּלְהַפְקִיד בְּיָדַיִךְ עוֹד מְשִׂימָה אַחֲרוֹנָה כְּשֶׁתַּגִּיעִי לַשָּׁמַיִם: קְחִי עָלַיִךְ לְהִתְפַּלֵּל עַל קְרִיאוֹת חֲדָשׁוֹת שֶׁיִּצְמְחוּ מִן הָאָרֶץ הַזֹּאת, מִן הָאֲדָמָה בָּהּ נִטְמוֹן אוֹתָךְ עוֹד מְעַט — הָאֲדָמָה שֶׁכָּל כָּךְ אָהַבְתְּ וְשֶׁלְמַעֲנָהּ מָסַרְתְּ אֶת שְׁנוֹת חַיַּיִךְ הַטּוֹבוֹת בְּיוֹתֵר.
Il ne nous reste donc qu’à nous tourner vers toi, Élisabeth, et à te confier une dernière mission lorsque tu arriveras au ciel : prends sur toi de prier pour de nouvelles vocations qui naîtront de cette terre, de ce sol où nous t’ensevelirons dans un instant — cette terre que tu as tant aimée et pour laquelle tu as donné les plus belles années de ta vie.
הִתְפַּלְלִי שֶׁנִּשָּׁאֵר נֶאֱמָנִים לְרוּחַ הַהַתְחָלָה, שֶׁנִּשְׁמוֹר עַל הַפְּשִׁיטוּת וְעַל הַחֲבֵרוּת הַפְּתוּחָה לַכֹּל.
Prie pour que nous restions fidèles à l’esprit des commencements, que nous gardions la simplicité et l’amitié ouverte à tous.
אַתְּ תִּהְיִי אִתָּנוּ יַחַד עִם גִּילָה, עֲלִיזָה, שָׂרָה, אָנִיק, יוֹחָנָן, ז'ק וְכָל אֵלֶּה שֶׁקָּדְמוּ אוֹתָנוּ. עֲלִי לְמַעְלָה וּמִצְאִי מְנוּחָה, כִּי מַגִּיעַ לָךְ.
Tu seras avec nous, avec Gila, Aliza, Sarah, Annik, Yohanan, Jacques et tous ceux qui nous ont précédés. Monte là-haut et trouve le repos, car tu l’as bien mérité.








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