Discours lors de la célébration de gala des 70 ans
Sa Béatitude le cardinal Pierbattista Pizzaballa
Vicaire de Saint-Jacques de 2005 à 2008
Bonjour et bonne fête à tous. Je suis très heureux d’être avec vous aujourd’hui, en cette année jubilaire marquant les 70 ans de la fondation du Vicariat Saint-Jacques. On m’a demandé de dire quelques mots sur mon expérience avec les communautés durant le temps où j’y ai servi.
J’ai commencé mon service dans les communautés, au début, de manière très improvisée. On cherchait un prêtre capable de célébrer la messe en hébreu, car à l’époque il n’y avait pas beaucoup de prêtres hébréophones. Mais peu à peu, je me suis de plus en plus impliqué dans la vie des communautés, jusqu’à en faire véritablement partie.
C’était vers la fin des années 90 et le début des années 2000, une époque complètement différente, peut-être une époque d’espérance.
Que m’est-il resté de cette période ? Tout d’abord, l’amour des Écritures. J’ai toujours aimé les Écritures, mais les lire ensemble, en communauté, en hébreu, pour moi, c’était comme les redécouvrir. Elles me parlaient d’une manière nouvelle, peut-être à cause de la langue, mais pas seulement. Aussi parce que nous les lisions ensemble dans une communauté différente. C’était vraiment très beau.
La deuxième chose, c’est que nous n’étions pas nombreux. Et à cette époque, le Vicariat Saint-Jacques existait déjà, mais il fallait l’organiser, peut-être d’une manière différente, plus nouvelle. J’avais le sentiment que nous étions dans une période où il fallait, je ne sais pas, peut-être non pas le construire à partir de rien - car, comme je l’ai dit, le Vicariat existait déjà - mais donner à notre Église, à notre communauté, une forme nouvelle. C’était beau de participer à la construction de quelque chose de beau et de le faire ensemble. Le « ensemble » était très beau et très important, et c’est lui qui faisait la différence.
Et la troisième chose est la relation avec le peuple d’Israël. Le comprendre, ne pas seulement regarder le passé, mais penser et sentir que c’est la responsabilité des communautés d’aider l’Église à comprendre et à regarder vers l’avenir, tout en maintenant cette relation importante. Une relation qui aujourd’hui est plus importante que jamais, entourée de nombreuses controverses, et c’est précisément pour cela qu’il est très important que ce lien demeure et se renforce.
Bonne fête à tous !
Son Excellence Mgr Rafic Nahra
Vicaire de Saint-Jacques de 2017 à 2021
Bonjour à tous. Je suis heureux d’être avec vous aujourd’hui et de vous adresser mes salutations les plus chaleureuses ainsi que mes meilleurs vœux à l’occasion de la célébration des 70 ans du Vicariat Saint-Jacques - appelé à sa fondation « Œuvre de Saint-Jacques » et devenu vicariat en 2013.
Permettez-moi tout d’abord de rappeler ma première rencontre avec les communautés. C’était au printemps 1993, lorsque je suis venu de Rome à Jérusalem pour un semestre d’études bibliques. J’ai alors eu le privilège de participer à une prière qui s’est tenue rue Agron, chez les Pères lazaristes, et c’est là que j’ai rencontré certains membres de la communauté de Jérusalem que je ne connaissais pas auparavant - parmi eux, la regrettée Rina Geftman. Peu après cette première rencontre, Rina m’a invité chez elle et, avec une grande finesse, a réussi à me convaincre qu’en tant qu’Arabe, j’avais bel et bien ma place dans ces communautés.
Elle m’a dit que je pouvais contribuer à la vie de la communauté en aidant à traduire la liturgie latine en hébreu - car l’hébreu et l’arabe sont des langues sémitiques étroitement liées. Peu à peu, j’ai commencé à me sentir lié aux communautés hébréophones, non seulement à cause des paroles de Rina, mais aussi parce que j’ai vu à quel point ces communautés ressemblent à une maison d’Église - comme une petite famille où chacun se connaît. En leur sein, comme dans toute famille, il y a des difficultés, mais aussi une grande chaleur humaine et une véritable proximité. J’ai également été touché par le grand respect de la communauté de Jérusalem pour la Bible et son amour pour l’étude de celle-ci, avec le caractère particulier que prend l’étude biblique lorsqu’on vit au sein d’une société juive riche de longues traditions d’interprétation. Ce lien profond avec l’Écriture est une richesse pour l’Église, et j’espère qu’il ne disparaîtra jamais dans les communautés.
Un autre aspect qui m’a marqué, bien avant que je devienne vicaire en 2017, et qui m’a ensuite beaucoup occupé durant mes années de service, est le travail auprès des migrants et des demandeurs d’asile - une mission commencée avec le Père David Neuhaus et développée au fil du temps. Le poids que le vicariat a assumé était grand, surtout avant que le Patriarche actuel n’établisse un nouveau vicariat dédié aux migrants et aux demandeurs d’asile. Pourtant, nous avons tous reçu de nombreuses bénédictions à travers la relation que nous avons développée avec les familles migrantes et leurs enfants. Il y aurait beaucoup à dire à ce sujet, mais je voudrais souligner un point : avant de nous engager dans cette mission, je me demandais parfois comment développer les liens entre les communautés et la société juive en Israël. Je pensais à des activités comme des conférences ou des journées d’étude. Mais dès que les communautés ont commencé à servir les pauvres, j’ai vu combien d’Israéliens sont venus spontanément, nous ont rejoints et ont demandé comment ils pouvaient aider. Ainsi est née une coopération magnifique. Tout cela est une richesse, mais aussi un défi.
Ces dernières années ont apporté de nouveaux défis que nous n’avions jamais connus à une telle échelle. Depuis le 7 octobre, de nombreuses réalités dans la société israélienne se sont compliquées, en particulier les relations entre Juifs et Arabes, et pas seulement au niveau de la société en général : cela a aussi eu des répercussions, dans une certaine mesure, au niveau ecclésial. Il ne peut en être autrement, car nous sommes des êtres humains - néanmoins, je crois que ces défis ne sont pas venus pour nous faire échouer, mais pour que nous les surmontions et grandissions dans l’amour.
Je souhaite aux communautés d’être toujours une maison ouverte et accueillante pour tous. Je sais que de nombreuses personnes fréquentent les communautés - des chrétiens, des personnes d’autres religions, et même des personnes sans religion - chacun avec des attentes différentes, parfois même surprenantes. Il est écrit dans le Psaume 87 : « De Sion on dira : tous y sont nés. » Que les communautés, ainsi que toutes nos Églises à Jérusalem, soient un lieu où chacun puisse se sentir accueilli et aimé, comme un membre de la famille.
Bonne fête à tous.
Père David Neuhaus
Vicaire de Saint-Jacques de 2009 à 2017
Soixante-dix ans correspondent déjà à l’âge de la retraite dans la vie d’un être humain, mais dans la vie d’une communauté chrétienne, c’est encore l’âge de l’enfance. Aujourd’hui, je veux rendre grâce pour les communautés catholiques hébréophones en Israël, qui resteront toujours pour moi la kehilla, mon petit coin dans ma maison qu’est l’Église.
J’ai été introduit à la kehilla au début des années quatre-vingt. Ce qui m’a frappé à l’époque, alors que j’étais encore adolescent, c’était l’atmosphère de prière et la manière dont elle s’exprimait à travers une belle tradition musicale. Grâce aux musiciens talentueux des premières années - le Père Yohanan, Sœur Maroussia, Sœur Ora, Lea et d’autres - nous avons pris un bon départ… Et nous continuons aujourd’hui avec les contributions de nos musiciens, y compris ces dernières années avec Mgr Rafic et le Père Benny.
J’ai été baptisé, puis j’ai reçu la première communion et la confirmation dans la kehilla en 1988, lorsque nous étions encore à Isaiah House. Douze ans plus tard, j’ai été ordonné prêtre, entouré des membres de la kehilla, en 2000, et j’ai célébré ma première messe en hébreu au Terra Santa College, aux côtés du cardinal Pierbattista, alors responsable de la kehilla de Jérusalem, aujourd’hui notre Patriarche. En 2005, j’ai commencé à servir comme assistant du vicaire de l’époque, le cardinal Pierbattista, et nous avons entamé une période de renouveau et de revitalisation.
Notre grand défi a toujours été de donner expression à une forme de vie catholique chez elle dans la langue hébraïque, enracinée dans la tradition juive (qui est la tradition de ceux d’entre nous issus de familles juives, mais aussi celle dont l’Église est née), enracinée dans la société israélienne, partageant nos responsabilités civiques, en communion avec nos frères et sœurs arabes, en Israël, en Palestine et dans tout le Moyen-Orient, et témoins des valeurs de l’Évangile - égalité, justice et paix - dans le dialogue avec les juifs et les musulmans.
J’ai servi comme vicaire entre 2008 et 2017, une période d’activité intense. Nous avons continué à développer nos différents services :
- auprès des enfants (camps d’été, camps de Pâque et de Hanoucca),
- auprès des jeunes avec « Desert Flower », en cherchant à leur offrir un soutien social pour vivre leur foi chrétienne au sein de la société juive,
- auprès des familles, en encourageant la réflexion sur la manière de soutenir les familles dans la création d’« Églises domestiques », où les enfants grandissent dans un environnement où il est naturel d’être catholique, juif et israélien,
- en développant la catéchèse, par la formation de catéchistes, la publication de manuels et l’animation d’un site internet actif,
- en poursuivant la réflexion sur les racines juives non seulement de notre foi, mais aussi de notre vie en tant que croyants issus du judaïsme,
- en cherchant des moyens de contribuer à l’unité du Corps du Christ en Israël/Palestine aujourd’hui.
Durant ces années, l’accompagnement des migrants et des demandeurs d’asile a mobilisé une grande partie de nos énergies. Nous avons construit un centre pastoral à Tel Aviv, « Our Lady Woman of Valor », ainsi qu’un centre pour enfants, « Saint Rachel’s », à Jérusalem. Nous avons mis en place de nombreuses structures de garde et d’accueil périscolaire à Tel Aviv et à Jérusalem. Nous avons également plaidé pour les droits des migrants, en nous ouvrant à leur réalité faite de marginalisation, de discrimination et de pauvreté.
J’ai démissionné en 2017, mais je continue à considérer la kehilla comme ma maison. Je reste en retrait, prêt à aider là où je le peux. Nous devons continuer à grandir non seulement en nombre, mais aussi en profondeur, afin d’être un visage de Jésus-Christ dans notre société - un visage à travers lequel nos voisins et compatriotes peuvent le connaître, dialoguer avec lui et ressentir sa présence.
À l’occasion du 60e anniversaire, j’ai publié une lettre aux kehillot que je concluais par ces mots, qui restent d’actualité :
« La célébration d’un anniversaire est aussi un moment pour se réengager dans la vision fondatrice et, à la lumière d’une évaluation du présent, avancer avec confiance vers l’avenir qui s’ouvre à l’horizon. En regardant vers l’avenir (…), nous nous tournons vers le Créateur pour lui demander sa bénédiction, vers le Seigneur pour lui demander sa guidance, et vers l’Esprit Saint afin qu’il nous inspire. »
Mazal tov à nous tous.
Son Excellence Yaron Seideman
Ambassadeur d’Israël près le Saint-Siège
Salutations à vous, membres de la communauté du Vicariat Saint-Jacques.
C’est un grand honneur pour moi de vous féliciter aujourd’hui pour les soixante-dix ans depuis la fondation de votre communauté.
En tant qu’ambassadeur d’Israël près le Saint-Siège, je suis fier de représenter l’État d’Israël et la société israélienne auprès du Vatican et du monde catholique en général.
Et vous, mes chers amis, vous représentez à mes yeux tout ce qui est bon et beau, et quelque chose dont on peut être fier dans l’État d’Israël et dans la société israélienne.
Lorsque j’ai présenté mes lettres de créance au pape François en septembre 2024, j’ai choisi de lui offrir en cadeau une photographie de jeunes de la communauté du Vicariat Saint-Jacques, brandissant fièrement le drapeau israélien lors d’un rassemblement de jeunes catholiques du monde entier appelé les Journées Mondiales de la Jeunesse, qui s’est tenu à Lisbonne en 2023.
C’est ainsi que j’ai expliqué cette image au Pape. À mon avis, elle constitue une expression tangible et inspirante de la singularité et de la force de la société israélienne dans son ensemble, et vous en faites partie.
L’harmonie entre votre identité religieuse catholique et votre identité nationale israélienne, combinées avec une grande justesse, est quelque chose dont vous pouvez être fiers. Elle constitue un exemple et un modèle de la capacité de la société israélienne, dans son ensemble, à accueillir dans la proximité une riche variété d’identités, de religions, de cultures et de traditions, et à se construire et se renforcer à partir de leur combinaison.
C’est le secret de notre magie. C’est la qualité unificatrice qui nous anime en tant que société.
Et vous, dans la communauté du Vicariat Saint-Jacques, incarnez cette qualité de manière exemplaire et inspirante.
Vous brandissez fièrement les deux drapeaux, religieux et national. Vous mettez en valeur l’usage de la langue hébraïque dans laquelle la Bible a été écrite, qui porte les valeurs que nous partageons avec le judaïsme et le christianisme.
Votre travail sur le plan social et interreligieux apporte une contribution très importante et visible à la promotion des valeurs de fraternité humaine, de tolérance et de compréhension - des valeurs qui nous unissent et nous lient en tant que société.
En ces temps où le monde fait face à des défis de polarisation, de division et d’extrémisme, votre message de fraternité, d’unité, de respect mutuel, de persévérance dans l’intégration et de contribution au bien commun est un message d’une importance capitale, qui constitue une source d’inspiration pour nous tous.
Il nous rappelle l’importance de la communauté et des ponts humains et culturels.
Je suis donc fier du grand privilège qui m’a été donné de vous rencontrer et de découvrir votre œuvre bénie, et je souhaite exprimer ma reconnaissance à chacun et chacune d’entre vous.
Puissiez-vous continuer à renforcer notre avenir commun en approfondissant les liens avec nos racines communes, et à éveiller en nous tous un esprit de foi, de paix et de fraternité.
Je vous souhaite encore de nombreuses années d’une communauté florissante et prospère, pour la vie du Vicariat Saint-Jacques et pour la vie de l’État d’Israël.
Je vous remercie beaucoup.
Mgr Piotr Zelazko
Vicaire de Saint-Jacques
Chers frères et sœurs,
Aujourd’hui, nous célébrons soixante-dix ans du Vicariat Saint-Jacques - soixante-dix années de foi vécue d’une manière unique, dans une terre unique et dans une langue unique.
Avant tout, nos cœurs se tournent avec gratitude vers les générations passées. Vers les fondateurs, les prêtres, les religieuses et les laïcs qui ont eu le courage de commencer quelque chose de totalement nouveau. Ils n’avaient pas de modèles tout faits à suivre. Ils ont fait confiance à l’Évangile, ont écouté les besoins des personnes et ont cru que Dieu les appelait à construire une maison pour les catholiques hébréophones dans cette terre. Beaucoup ont semé sans savoir comment les graines allaient pousser.
Aujourd’hui, nous nous tenons sur le terrain qu’ils ont préparé par leur foi, leur sacrifice et leur persévérance. Nous nous souvenons aussi de ceux qui ont poursuivi cette mission au fil des décennies - ceux qui ont enseigné à nos enfants, accueilli les nouveaux immigrants, célébré les sacrements, traduit les prières, organisé les communautés et porté discrètement des responsabilités jour après jour. Certains sont encore parmi nous ; d’autres ne sont plus là, mais leur héritage demeure vivant dans la vie de notre Vicariat. Nous leur devons plus que des mots ne peuvent exprimer.
En même temps, cet anniversaire ne concerne pas seulement le passé. Il concerne aussi le présent. Je voudrais remercier tous ceux qui construisent aujourd’hui le Vicariat Saint-Jacques : nos prêtres et agents pastoraux, les catéchistes, les responsables de jeunesse, les bénévoles, les membres du personnel, les familles et les donateurs. Chacun de vous est une brique de cet édifice si beau, mais imparfait - comme nous. Grâce à vous, le Vicariat n’est pas un souvenir, mais une réalité vivante. Vous maintenez nos communautés ouvertes, accueillantes, priantes, servantes et en croissance. Vous montrez que l’Église n’est pas seulement une institution, mais une famille façonnée par de nombreuses mains et de nombreux cœurs.
Enfin, cette célébration nous invite à regarder l’avenir avec espérance. Nous ne connaissons pas tous les défis qui nous attendent, mais nous savons que le même Dieu qui a guidé le passé continue de marcher avec nous aujourd’hui. Notre tâche est de rester fidèles, attentifs et courageux - d’écouter les signes des temps, de prendre soin des générations futures et de continuer à construire des ponts de foi, de dialogue et de compassion.
Soixante-dix ans est un don. C’est aussi une responsabilité. Que le Vicariat Saint-Jacques continue d’être un lieu où la foi parle la langue des hommes, où la diversité devient richesse et où l’espérance est plus forte que la peur. Qu’il continue d’être un lieu où Jésus est présent et où sa grâce rencontre chacun.
Merci à chacun d’entre vous de faire partie de ce chemin. Que Dieu bénisse notre Vicariat, nos communautés et tous ceux qui marchent avec nous - hier, aujourd’hui et demain.
Merci.







70e anniversaire du Vicariat Saint-Jacques
Homélie du cardinal Pizzaballa pour la solennité de saint Jacques
Pâques 2026 dans le Vicariat Saint-Jacques
Vœux de Pâques 2026
Sœur Elizabeth Galmiche RIP
Une visite d’encouragement en des temps difficiles
Un article sur notre Vicariat dans Et Ratzon