70e anniversaire du Vicariat Saint-Jacques


Le 2 mai 2026, à Jérusalem, le Vicariat Saint-Jacques pour les catholiques hébréophones a célébré une étape historique : soixante-dix ans de vie, de mission et de témoignage au cœur de la Terre Sainte. La célébration jubilaire s’est déployée en deux moments étroitement liés : une célébration eucharistique solennelle lors de la fête de saint Jacques, et un après-midi festif de gala, marqué par la musique, des témoignages et l’action de grâce.

Il existe une manière particulière d’être Église en Israël : parler la langue de la vie quotidienne et du cœur - l’hébreu - sans rien perdre de l’universalité de l’Église catholique. Telle est la vocation du Vicariat Saint-Jacques, qui a célébré le 2 mai son 70e anniversaire avec 350 paroissiens et invités au Notre Dame of Jerusalem Center. La célébration comprenait la messe solennelle pour la fête de saint Jacques Apôtre, présidée par Sa Béatitude le cardinal Pierbattista Pizzaballa. 

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La célébration a retracé une histoire vivante à travers des visages, des récits et la gratitude : envers les prêtres, les religieux et les fidèles laïcs qui ont construit ce chemin ; envers les pionniers encore présents ; et envers les jeunes générations qui le portent aujourd’hui. Musique, prière et première projection d’un documentaire produit par le Christian Media Center ont accompagné ce moment d’action de grâce. 

  

L’anniversaire a été enrichi par la musique du Père Benedetto Di Bitonto, dont les compositions accompagnent depuis longtemps la vie et la prière des communautés. Les voix de la chorale de la Koinonia Giovanni Battista, ainsi que la chanteuse Bitanya, ont donné à la célébration une profondeur et une beauté au-delà des mots. 

Comme l’a souligné le cardinal Pierbattista Pizzaballa (vicaire du Vicariat Saint-Jacques de 2005 à 2008), il est essentiel « de comprendre [le peuple d’Israël]… et de sentir qu’il est de la responsabilité des communautés d’aider l’Église à comprendre et à avancer… une relation aujourd’hui plus importante que jamais ». 

Soixante-dix ans, temps de fidélité et de persévérance, « un temps qui évoque le septième jour de la création et ouvre sur le huitième jour, celui de la Résurrection », marquent non seulement un jubilé, mais un chemin ecclésial vécu dans la réalité concrète de Jérusalem. Ici, « chaque pierre porte à la fois une promesse et une blessure ; ici, l’histoire du salut et celle de l’Église s’entrelacent de manière unique ». 

Le Vicariat vit cet appel au quotidien : traduire, accompagner, écouter et servir. « Non pour construire une “autre” Église, mais pour édifier de l’intérieur l’unique Église de Jésus. » Dans un contexte où la diversité est à la fois un don et un défi, le rappel demeure clair : « l’Église n’est pas un ensemble d’îles, elle est un seul corps ». 

L’unité, cependant, n’est pas sans coût. « Il y a un prix à écouter l’histoire de l’autre, lorsque chaque communauté porte des blessures, des mémoires et des peurs. » Pourtant, c’est précisément à travers cette relation vécue que l’Église devient un véritable lieu de rencontre. 

Un parcours visuel à travers des photographies a ramené l’assemblée à 1955, lorsque l’« Œuvre de Saint-Jacques » a commencé, retraçant son développement en une présence ecclésiale unique au sein de l’Église en Terre Sainte. Aujourd’hui, le Vicariat Saint-Jacques rassemble des catholiques vivant au sein de la société israélienne hébréophone : des fidèles d’origine juive aux côtés de croyants « venus des nations », des chrétiens locaux, des migrants et des communautés russophones. Les kehillot sont actives à Jérusalem, Tel Aviv–Jaffa, Haïfa, Beer-Sheva et Tibériade. 

« Soixante-dix ans sont un don. C’est aussi une responsabilité », a déclaré le Père Piotr Zelazko (vicaire du Vicariat Saint-Jacques depuis 2021). « Notre tâche est de demeurer fidèles, attentifs et courageux - d’écouter les signes des temps, de prendre soin de la nouvelle génération et de continuer à bâtir des ponts de foi, de dialogue et de compassion. » 

Au cœur de cette mission se trouve une vocation simple mais exigeante : rendre le Christ visible dans la société. Le Père David Neuhaus (vicaire de 2009 à 2017) l’a exprimé clairement : « Nous devons continuer à grandir non seulement en nombre, mais en profondeur, afin de pouvoir être un visage de Jésus-Christ dans notre société. » 

Dans une réalité marquée par la fragilité et les tensions, l’Église en cette terre vit un appel particulier. Comme l’a souligné Mgr Rafic Nahra (vicaire de 2017 à 2021), « ces défis ne sont pas venus pour nous faire échouer, mais pour que nous les surmontions et grandissions dans l’amour ». Son espérance est que les communautés « soient toujours une maison ouverte et accueillante pour tous », reflétant la vision d’une Église où chacun peut se sentir reçu comme membre d’une seule famille. 

Un signe de proximité est également venu du monde diplomatique : Son Excellence Yaron Sideman, ambassadeur d’Israël près le Saint-Siège, empêché d’être présent, a envoyé un message vidéo. Louant la communauté, il a affirmé en substance : « vous représentez tout ce qui est bon et beau - quelque chose dont on peut être fier » ; rappelant aussi la valeur de « la fraternité… l’unité… le respect mutuel ». Il a ajouté : « Vous portez avec fierté deux drapeaux : celui de la foi et celui de la nation. » 

Dans le cadre du 70e anniversaire du Vicariat Saint-Jacques, un moment a été consacré aux je unes des communautés qui servent ou ont servi dans les Forces de défense israéliennes. Leur engagement a été reconnu, et des prières ont été élevées pour leur sécurité et pour la paix. 

Ceux qui ne sont pas revenus ont également été évoqués. Parmi eux, Shlomo Gurtovnik. Son père, M. Alex Gurtovnik, a été invité à s’adresser à l’assemblée. 

À la suite de son intervention, un moment de recueillement a été observé. La gratitude a été exprimée envers ceux qui sont décédés - prêtres, religieux et laïcs - et qui ont contribué à la vie et au développement du Vicariat depuis ses débuts. Ce moment a été suivi d’un chant interprété par la talentueuse chanteuse Bitanya, en signe de mémoire et de reconnaissance. 

La première projection du documentaire réalisé pour le 70e anniversaire du Vicariat Saint-Jacques a constitué un moment fort de la célébration. L’auteure du film, Mme Tatiana Gomes de Macedo du Christian Media Center, a été présentée à l’assemblée. 

La célébration comprenait également un moment de reconnaissance pour ceux qui accompagnent le Vicariat depuis ses premières années. Les participants âgés de soixante-dix ans et plus ont été invités à s’avancer en signe de gratitude pour leur rôle dans la vie des communautés. 

Un temps d’action de grâce a été consacré aux donateurs et partenaires dont le soutien a permis de soutenir la mission et la vie pastorale du Vicariat Saint-Jacques au fil des années. Plusieurs bienfaiteurs ont été appelés sur scène et remerciés nommément, tandis que d’autres ont été salués en leur absence. Une reconnaissance particulière a été adressée à Mme Elisabeth Moley, de bienheureuse mémoire, pour sa grande générosité. 

Pour beaucoup au sein du Vicariat Saint-Jacques, l’avenir demeure ouvert. De nombreux jeunes grandissent sans stabilité, souvent marqués par la migration et des situations juridiques précaires. Dans ce contexte, le Vicariat continue d’investir dans la catéchèse, la formation des jeunes et la vie communautaire : afin que la foi ne soit pas seulement conservée, mais vécue, partagée et incarnée. 

En regardant ces soixante-dix années, une vérité s’impose, comme l’a exprimé le cardinal Pierbattista Pizzaballa : « ce qui lui a permis de tenir n’a pas été une stratégie ecclésiale, mais un seul fondement : Jésus ». Seule une Église qui puise sa vie dans le Christ peut demeurer unie et devenir un signe d’espérance. 


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